Essai : VW Passat GTE, l’hybride rechargeable de 218ch

VW est actuellement face à un scandale mondial autour de ses motorisations diesel, mais n’oublions pas que le constructeur allemand est aussi très actif du côté de l’hybride avec ses versions GTE. Après la Golf, c’est au tour de la grande berline Passat de recevoir cette finition qui promet sur le papier de mêler à la fois l’écologie et le plaisir, ainsi que les performances et l’efficience. Nous sommes allés vérifier cela sur les routes de l’île de beauté, terrain de jeu parfait pour juger des qualités dynamiques d’une voiture.

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L’identité GTE

Mais avant de se mettre en route, faisons le point sur ce qu’est une Passat GTE. Visuellement, la version GTE se reconnait assez facilement avec sa face avant dynamisée et qui arbore des LED en virgule, tout comme sur la Golf afin de créer une identité à cette finition. On notera aussi des feux full LED, des inserts bleus sur la calandre ou les étriers de frein, ainsi que des sorties d’échappements spécifiques et des jantes exclusives (nous n’avons pas vu les jantes « Montpellier » de série qui semblent assez peu séduisantes en images en comparaison des 18″ de nos voitures). Et au final, le fait est que c’est plutôt sympathique, car on dispose d’une part d’exclusivité avec ce modèle, tout en ne cherchant pas à en faire trop avec des artifices sportifs qui n’auraient pas lieu d’être sur une familiale somme toute très raisonnable. Seule petite critique, le choix des couleurs de cette version est un peu trop sage, il manque une couleur plus marquante.

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Technologie embarquée

A l’intérieur, nous sommes dans la continuité de l’extérieur, avec une présentation haut de gamme, avec des touches de dynamisme. Mais ce qui séduit le plus vite, ce sont les compteurs entièrement digitaux qui intègrent compteur, ordinateur de bord mais aussi la carte du GPS. Et dans le cas de la GTE, l’instrumentation permet de suivre (selon les modes) sur le compteur de gauche à la fois la puissance délivrée par le moteur électrique, le compte tour du moteur thermique ainsi que le niveau de charge de la batterie. Déroutant au premier abord, on s’habitue assez vite à cette interface. L’écran central, de son côté permet de gérer tout un tas de fonctionnalités, allant du classique autoradio aux systèmes CarPlay (Apple) et Android Auto, ainsi que les modes de conduites et le GPS. La réactivité du mode tactile n’est pas la meilleure qui soit en comparaison des tablettes/smartphones actuels, mais globalement la manipulation reste aisée et confortable. Notons en revanche que nous avons eu de très nombreux problèmes avec Android Auto et Carplay, avec des déconnexions bien trop fréquentes avec des téléphones pourtant très récents.

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GTE : 218ch et 1,6L / 100km

Passons ensuite au cœur de l’auto, sa motorisation. Le couple moteur thermique / moteur électrique est sensiblement le même que celui de la Golf GTE mais avec une poignée de chevaux supplémentaire. Le moteur essence est le 1.4L TSI de 156ch et qui est aidé par 115ch en électrique qui permettent d’afficher 218ch et 400Nm de couple. La transmission est gérée par une boite DSG qui envoie la puissance aux roues avant uniquement. Les batteries se situent sous la banquette arrière et peuvent être chargées via une prise en 2h30 sur un chargeur haute capacité Wallbox ou 4h15 sur une prise classique. En termes de chiffres annoncés, on parle tout de même d’une voiture capable d’atteindre 100km/h en 7.4 secondes et qui atteint 225km/h en pointe. En mode électrique, la vitesse est limitée à 130km/h, tandis que l’autonomie moyenne est de 50km (mais certainement pas à 130km/h !). Au global, sur les cycles d’homologation, la Passat GTE ne rejette que 37gr de C02 pour une consommation de 1.6L/100km… On sait tous que cela ne correspond pas à la réalité, mais cela reste la valeur qui est regardée pour les bonus/malus.

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Premier contact : Douceur et silence

Mais trève de blabla, prenons la route afin de répondre à la question principale : la Passat GTE est-elle plus qu’une vitrine pour se donner bonne conscience mais que personne n’achètera comme c’est parfois le cas pour certaines voitures électriques/hybrides ?

On commence par… du silence. Capable de rouler 50km en mode électrique, nos premiers tours de roues se font en douceur, et sans bruit. Première accélération gentille en quittant l’aéroport de Bastia, le moteur essence se réveille, mais toujours avec une douceur sans faille, tandis que la DSG conforte aussi ce sentiment de douceur. Malheureusement pour moi, l’essai va tourner en épreuve de démonstration forcée de l’intérêt d’une voiture électrique tandis que nous approchions de Bastia… le jour du match de foot Bastia/PSG. Coincé plus d’une heure dans un bouchon absolument interminable, le fait est que ça n’aura rien coûté, puisque la voiture est restée en mode électrique tout le long, dans un silence et une douceur qui apaisent réellement la conduite. Bon, là clairement, je ne vois absolument pas une voiture plus parfaite dans cet exercice.

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Dynamique, mais pas sportive

Néanmoins, nous ne sommes pas venus en Corse pour tester les bouchons et une fois passé Bastia, nous attaquons des routes sinueuses jusqu’à Calvi. Autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas conduit en bon père de famille, et je ne pourrais donc pas vous décrire fidèlement la consommation typique qu’aura un acheteur de Passat GTE. En revanche, je peux vous parler du mode GTE, qui permet au couple thermique/électrique de donner sa pleine puissance, et je reste assez séduit par le mariage qui gomme tout sentiment de creux en bas du compte tour, lorsque le turbo n’est pas encore à son top. Du coup, nous avons l’impression de conduire avec un très gros élastique qui a du couple à revendre à tous les étages. On regrettera juste que le moteur manque de caractère dans les tours, si bien qu’il n’y a pas vraiment d’intérêt d’aller jusqu’à la zone rouge. Si le caractère n’est pas sa qualité principale, les performances sont en tout cas au rendez-vous et mettent d’ailleurs un peu à mal la motricité en sortie de virage serré. On appréciera aussi le générateur de son du mode GTE qui améliore un peu la sonorité banale du TSI, et participe un peu au plaisir de conduite.

Côté châssis, l’amortissement peut se régler selon plusieurs modes, du confort au sport, et la différence est notable. Globalement, la voiture amortit bien les chaussées dégradées et propose un comportement rassurant et efficace, à défaut d’être sportif. Je n’ai en revanche pas beaucoup apprécié la direction, un peu trop déconnectée de la route à mon goût, même si elle reste précise. Le freinage ne souffre pas de critiques particulières, et est en réalité bien aidé par le frein moteur très important lié au système de récupération d’énergie pour recharger les batteries. Du coup, en conduite soutenue mais pas ultra agressive (qui oblige nécessairement à freiner fort), on peut ne pas utiliser la pédale de frein ! Au global, je suis agréablement surpris, la Passat GTE n’est pas du tout une voiture sportive mais elle apporte un dynamisme qui plaira aux amateurs de conduite.

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Une consommation très raisonnable

Si on parle de consommation, lors de mon essai, je suis loin des 1.6L/100 théoriques annoncés. Mais il est important de signaler que ce chiffre correspond en réalité à une utilisation en semaine en full électrique avec des trajets de moins de 40km, puis une utilisation thermique en week-end. Dans mon cas, la voiture affichera 7.8L/100km, ce qui est en réalité très bien pour un gros break essence de 218ch avec une grosse heure de bouchons, puis de très nombreuses accélérations très (trèèèèès) soutenues sur 100km. Le mode électrique permet aussi de tenir plus de 30km vallonnés, ce qui rend les 50km annoncés assez réalistes en utilisation plus normale.

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Conclusion

A l’heure du bilan, j’avoue avoir réellement apprécié la Passat GTE. Certes, je regrette le temps des Passat W8 et R36 avec des cylindres à foison, une sonorité superbe et un peu plus d’émotion mécanique, mais la solution proposée par VW est dans l’ère du temps et est surtout excellente à l’usage. Elle est incomparablement plus agréable à conduire qu’une version diesel 4 cylindres, tout en proposant une consommation pas beaucoup plus élevée dans la pratique. Et si on a le luxe de pouvoir rester en tout électrique en semaine, elle est absolument imbattable en termes d’économies. Reste son prix d’achat de 47.360€ (48.680€ en SW), qui va nécessairement l’handicaper à l’heure du choix même si elle est très bien équipée.

On espère maintenant que la gamme GTE s’étoffera dans les années à venir (Polo, Tiguan, Touran…).

On remercie les équipes de VW France pour l’invitation et organisation de cet essai.

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EnFonde6 / Fabien est depuis son plus jeune âge un passionné absolu d'automobile dans sa globalité : il aime les 6 en ligne BMW, les Vtec Honda, les V12 Ferrari, les V8 AMG... bref tout ce qui a une âme ! A ses heures perdues, il est administrateur et rédacteur en chef de Planete-GT.