Forza Motorsport 5 : Le test

Les consoles next-gen arrive, et le premier jeu de course orienté simulation est aussi l’un des plus attendus. Mais Forza Motorsport 5 en jeu de lancement, était-ce une bonne idée pour la série ?

Les jeux de lancements, hors jeux multiplateformes sortant sur les précédentes consoles, sont souvent des jeux qui n’ont pas de grandes ambitions mais qui servent de démo technique pour vendre la console. On pense notamment aux Ridge Racer, mais aussi PGR3 qui avait ce rôle pour la Xbox 360. Mais, à notre grand regret, PGR n’existe plus et il fallait bien à Microsoft un gros jeu de course pour sa Xbox One, et c’est donc Turn 10 qui s’y est collé avec le 5ème opus de la série. Annoncé comme plus beau, plus réaliste, il souffre déjà sur le papier d’une amputation d’une grande partie de son contenu qui fait craindre le pire au moment d’entamer le jeu. On vous précise que le jeu a été testé avec la manette Xbox One, mais on fait tout notre possible pour nous procure un volant de test pour compléter ce test dans le futur.

Beau, sans baffe

Commençons par l’aspect technique, le point qui est sensé le plus évoluer grâce au changement de plateforme. La première réaction n’est malheureusement l’émerveillement suite à une claque graphique, on peut même être assez déçu. En réalité, les évolutions sont nombreuses et sensibles mais elles concernent les « détails » à savoir les textures qui sont plus détaillées (moins de textures 2D plates), les environnements sont plus fouillés, la profondeur de champ est meilleure, les effets de lumières plus travaillés, la modélisation des voitures plus fine… Et si cette multitude d’améliorations ne saute pas tout de suite aux yeux (et demeurent assez peu visibles sur des vidéos regardées sur Youtube), elles apportent un vrai saut qualitatif. Le plus simple pour mieux le comprendre est de remettre Forza 4 juste après une session Forza 5, la comparaison est sans appel. On note aussi que l’aliasing est bien plus discret et surtout la fluidité générale est impressionnante et sans faille, chose extrêmement appréciable dans un jeu de course.

Gameplay « A la Forza »

Passons dans le coeur du jeu : le gameplay. On nous vend la simulation ultime, avec des données récoltées sur les pneus et suspensions permettant de tout savoir sur la physique réelle d’une voiture. Le fait est que ce n’est pas tout à fait ça, nous restons dans la lignée d’un Forza Motorsport 4, à savoir un jeu axé simulation mais teinté d’un côté spectaculaire. Je m’explique : les voitures ont globalement un comportement cohérent avec la réalité tout en étant un peu caricatural afin de donner un peu de plaisir immédiat au joueur. Les propulsions auront tendance à trop survirer facilement, les 4RM sous-virent beaucoup et aiment être pilotée au frein à main, les tractions permettent aussi de décrocher assez franchement. On note aussi le phénomène assez particulier de la voiture qui refuse de tourner lorsque vous n’avez pas enclenché la bonne vitesse pour le virage. Côté freinage, on profite des gâchettes vibrantes pour avoir un feeling assez intéressant, mais le blocage arrive un peu trop vite à notre gôut, surtout à haute vitesse. Cela veut-il dire que l’on est déçu ? Et bien non, puisque si vous avez aimé FM4 les bases du pilotage sont les mêmes, et le plaisir de jeu reste indéniablement présent. A vrai dire, le jeu est en progrès, et il n’y a pas grand chose à jeter dans cette synthèse. Bien entendu, le feeling est très différent d’un GT5 (on attend de tester sérieusement le 6 pour en parler) qui est plus naturel mais aussi moins agréable lorsque l’on dépasses les limites du grip.

Une IA presque humaine

L’immersion est toujours très bonne dans les Forza Motorsport, et le 5 continue sur la même voie. Le son reste un avantage majeur face à son concurrent japonais mais il nous manque encore un peu de « puissance » pour être inoubliable. En effet, les V8 ou V12 ont un son qui sonne juste mais avec une intensité trop faible pour n’importe quel personne ayant entendu un moteur Ferrari ou AMG hurler en vrai. La vue intérieure est très réussie, très jouable et suffisamment mobile pour donner l’impression d’être vivante. On note d’ailleurs un système couplé à Kinect qui scrute votre regard pour bouger la caméra, cela fonctionne mais je ne suis pas très convaincu à l’usage. Grosse nouveauté en revanche, le système Drivatar destiné à remplacer la classique IA en nous faisant affronter des avatars basés sur la conduire de vrais joueurs. Et il faut bien avouer que cela fonctionne plutôt bien car nous n’avons plus l’impression d’affronter un ordinateur mais des adversaires humains, avec les problèmes liés à cela. En effet, vous n’êtes pas sans ignorer qu’un paquet de joueurs ne sont pas très attachés à la propreté des courses, et cela se ressent car il est très compliqué d’éviter des contacts en course. Mais globalement, ce système est très intéressant et a dans mon cas gommé l’ennui habituel des courses en solo.

Où est mon Nurburgring ???

Passons désormais à un point très sensible, celui du contenu. Vous n’êtes pas sans ignorer qu’il est en très nette baisse comparé à Forza Motorsport 4. Côté circuits, seuls 14 environnements sont présents avec l’ajout de grands noms comme Spa Francorchamps, Bathurst ou Yas Marina. Mais il faut bien avouer que le Nurburgring, Infineon, Suzuka, Tsukuba ou bien Fujimi Kaido manquent terriblement ! Du côté des voitures, ce sont un peu plus de 200 modèles différents qui vous seront proposés , avec une sélection assez variées de la Fiesta ST à la McLaren P1 en passant par la Lotus E21 de F1 ou bien la Ferrari 250 GTO (la belle, pas la moche des anciens Forza !). Mais si les nouveaux ajouts sont sublimes et très détaillés, les voitures issues des précédents jeux ne sont que remises à jour sans vraie remodélisation… et cela se voit notamment sur les plus vieilles issues de Forza 2 (M3 E30, 22B STI). Notez aussi que ces voitures ne sont pas totalement faites pour l’Autovista, et que seules les portes peuvent être ouvertes contrairement à d’autres voitures modélisées dans les moindres détails. A savoir aussi, la partie dédiée aux livrées est revue, on remarquera l’arrivée (enfin !) de peintures mattes, carbone, aluminium brossé & cie. En revanche, l’économie de la vente de livrées et groupes de vinyles est presque supprimée, tout est fouillis et pas très pratique (ça sent la fonctionnalité pas terminée).

Simpliste mais correct

Les modes de jeux se résument à du classique : une carrière, un mode libre, un mode rivaux et du multijoueur. La carrière est moins étendue que sur Forza 4 mais se divise désormais en divers championnats dédiés à des types (GTI, Supercars, Coupé…) et catégories (basées sur l’indice de performances) de voitures. Le tout est introduit par un des présentateurs de Top Gear dans des vidéos plutôt sympathiques. La durée de vie est confortable mais les gains d’argent sont un peu trop limités (surement pour vous inciter à acheter des jetons avec du vrai argent…). Le mode multijoueur est assez classique mais il faut souligner un nouveau système de location de voiture. En effet, si vous n’avez pas la voiture dans votre garage, vous devrez louer la voiture gratuitement, mais vous ne gagnerez pas d’argent avec, et toutes les voitures ne sont pas disponibles comme c’était le cas auparavant. Vraiment dommage…

Sortez la CB !

On va aussi parler de la politique commerciale adoptée par Turn 10 qui, je le sais, vous révolte pour beaucoup. N’étant pas à la base hostile aux DLC (j’ai acheté absolument tous les DLC de Forza 2, 3, 4), je dois bien avouer qu’il y a clairement du foutage de gueule sur ce 5ème opus. Ok, on ne pouvait pas avoir 500 voitures, mais l’explication selon laquelle cela demande beaucoup de travail de refaire une voiture n’est valable que si la modélisation est reprise à 0. Or, ce n’est pas le cas, les anciennes voitures sont des mises à jour HD et lorsque l’on nous les vend ensuite en DLC, la pillule est difficile à avaler. Pire encore, le premier DLC contient LaFerrari, grosse nouveauté très attirante et 9 voitures de Forza 4… Pire encore ? C’est possible puisque chaque voiture peut être achetée séparément sauf… LaFerrari qui demande l’achat du DLC complet ! Sachez aussi qu’on ne gagne pas énormément d’argent, ce qui donne envie d’acheter des jetons avec du vrai argent (A noter que Turn 10 lache du mou sur ce point car via le programme Forza Rewards, vous pouvez depuis hier obtenir jusqu’à 6 millions de Cr).

Conclusion

Pour conclure, malgré des défauts, des pratiques douteuses sur les DLC, des manques évidents, Forza Motorsport 5 est un bon jeu. Il n’est pas excellent, il ne marquera pas l’année et sa seule innovation marquante est le système Drivatar. Néanmoins, il permet d’avoir un vrai bon jeu de course sur Xbox One, la qualité de la réalisation est au rendez-vous, le plaisir de jeu est indéniable et si l’on compare cela aux jeux de course de lancement des dernières consoles, il se place certainement au sommet ou pas loin. Il est à prendre comme une sorte de Forza 6 Prologue ++ (comprendre par là qu’il reste un jeu à part entière contrairement à un GT5 Prologue qui avait un contenu très limité). Mais Turn 10 n’aura pas le droit à l’erreur sur Forza 6, car si nous pouvons comprendre certaines déceptions ici, les joueurs n’accepteront pas cette dérive de la franchise si elle se confirme.


PGT aime : PGT n’aime pas :
  Techniquement top Gameplay un poil caricatural
  Le système Drivatar Le contenu en nette baisse
  Du gameplay plaisant Politique de DLC discutable
  Bathurst, Spa ! Pas de nouveauté marquante
  Les gachettes vibrantes Volants 360 non compatibles


Note technique : 17/20

Note gameplay : 17/20
Note générale : 15/20

EnFonde6 / Fabien est depuis son plus jeune âge un passionné absolu d'automobile dans sa globalité : il aime les 6 en ligne BMW, les Vtec Honda, les V12 Ferrari, les V8 AMG... bref tout ce qui a une âme ! A ses heures perdues, il est administrateur et rédacteur en chef de Planete-GT.

58 Comments

  1. Bond

    13 décembre 2013 à 11:39

    @gamelle,

    Chapeau pour le 2’13 » pour le super lap M4 et facilement apparemment !!!

    Tes chronos tu les fais en vue cockpit ou avec une autre vue ?

    Si tu me réponds en vue cockpit alors là je vais direct chez mon ophtalmologue m’acheter une nouvelle paire d’yeux !!!!

  2. Laurent_X

    14 décembre 2013 à 12:36

    @ pour tous je m’y colle ce soir sur ce petit défis amicale

  3. Le TAV

    14 décembre 2013 à 7:30

    tient je m’y colle sur Forza ce soir, du chrono lol.

  4. Laurent_X

    14 décembre 2013 à 8:15

    @ mon Tav 😉 ce soir skype

  5. Laurent_X

    14 décembre 2013 à 8:17

  6. Bond

    15 décembre 2013 à 9:06

    @laurent ,

    Ce serait avec plaisir mais je n’arrive pas à m’enregistrer sur le forum, apparemment mon adresse e-mail est déjà utilisée , je sais pas comment.

  7. EnFonde6

    15 décembre 2013 à 10:15

    @Bond : Sur le forum, avec ton mail, je trouve un utilisateur « James Bond », je suppose que c’est toi, non ?
    http://www.planete-gt.com/forum/memberlist.php?mode=viewprofile&u=664

  8. Bond

    15 décembre 2013 à 10:34

    @enfonde6

    Oh merde t’as raison je me suis tellement pris le crâne avec Rallyman, que j’en ai fait une amnésie.

    Merci pour l’info.