Toyota GT86 Experience au Castellet

La Toyota GT86 est présentée comme le petit vent de fraîcheur au milieu d’une production mondiale trop sérieuse. Du coup, lorsque le constructeur japonais nous invite à l’essayer sur circuit, nous avons sauté sur l’occasion pour savoir si c’était l’arme absolue contre l’ennui. Direction le Castellet !

Toyota GT86 Experience 05

Départ à 8h15 de notre hôtel un samedi matin après être arrivé après 0h, mais on oublie vite la courte nuit en lisant le programme de la journée : atelier de conduite pendant 1h30, puis enchaînement de session de 5 tours sur le tracé technique du Driving Center du Castellet. Le tout est encadré par les équipes d’Oreca, avec notamment Roland, formateur expérimenté et qui n’a pas sa langue dans sa poche !

Les voitures, des Toyota GT86 bien sûr, mais avec au premier abord, une déception puisque ce sont des modèles à boite automatique. Pour mémoire, ce petit coupé est une propulsion motorisée par un 2.0L boxer atmosphérique de 200ch qui a souvent été critiqué par la presse pour son manque de pêche. Sachez aussi que la voiture a des réglages orientés pour le fun plutôt que l’efficacité pure et dure, notamment avec des pneus relativement étroits et à « faible » grip en provenance de la Prius. Le combo propulsion, moteur atmosphérique, et glisse est à contre courrant de la production actuelle, et c’est bien ce qui nous intéresse ici !

Toyota GT86 Experience 08

Bref, trêve de blabla, rentrons dans le vif du sujet avec une première session sous forme d’atelier où on va apprendre à passer l’un des virages les plus compliqué. Premier contact avec la voiture aussi, on est assis assez bas, jambes plutôt allongées, le siège est enveloppant : on est bien même si la présentation intérieure n’est pas terrible (plastiques pas très bien ajustés et pas super valorisants pour une voiture à >30K€). Je pars en mode auto, premier virage, Roland commence directement à critiquer ma conduite, ça commence mal, d’autant plus que la boite ma repassé la 1ère au mauvais moment en sortant d’un virage serré !!

On n’est pas dans un rond-point ! ©Roland

A l’issue de l’exercice, on commence à mieux comprendre la voiture, mais l’avis est unanime, personne n’est impressionné par l’accélération de la GT86 malgré ses 200ch. Je vous avoue qu’à ce moment là, j’étais à moitié déçu d’autant que l’ambiance n’était pas au beau fixe avec les commentaires justes mais très sévères de notre instructeur.

Mais voila, ensuite, nous avons commencé les sessions sur le circuit complet, en groupe de 5 à la chasse du pace car emmené de main de maître par Roland. Et c’est là que la GT86 se révèle totalement comme étant un jouet fantastique ! Non, je ne suis toujours pas impressionné par l’accélération, mais ça n’est plus important, car chaque courbe, chaque chicane, chaque épingle devient un plaisir. On s’amuse à friser avec les limites de l’adhérence, qui sont plus vite atteintes qu’avec les voitures concurrentes, mais ça n’est pas un mal, bien au contraire car la GT86 est vivante, bouge, glisse, mais toujours avec des réactions saines, progressives et reste donc maîtrisable. Je me surprends à passer en léger travers des courbes, à retarder les freinages, jeter la voiture à la corde et pas une seule fois je me suis fais peur, alors même que je n’ai jamais « piloté » de propulsion. Pour tout vous dire, mon ex-206 S16 conduite à un rythme d’attaque équivalent me parait bien plus dangereuse !

Toyota GT86 Experience 11

Côté moteur, le constat est moins élogieux, on regrette notamment que le tout manque un peu de caractère. Loin d’être totalement avare en sensation, il est vrai que l’on aurait préféré soit du couple plus bas, soit un moteur qui s’envole dans les tours façon Vtec Honda de la belle époque. Ici, le 2.0L est un peu paresseux sous les 4.000trs/min, mais s’avère tout de même convainquant au delà, avec une sonorité plutôt agréable. Néanmoins, de manière générale, la première modification que je ferais sur cette GT86 serait sûrement de changer la ligne d’échappement pour faire plus de bruit, ce qui donne fatalement l’impression de rouler plus vite et participe beaucoup au plaisir de conduite.

Etrangement, on se fait aussi à la boite de vitesse automatique. Je ne suis pas du tout convaincu par son mode automatique avec le bouton sport sur un usage circuit mais je dois avouer qu’un peu comme sur la Clio 4 RS, le passage des vitesses au volant en conduite très soutenue est un vrai plaisir et permet de se consacrer au reste du pilotage. Bon, je vous confie tout de même qu’à choisir, je prends une BVM sans hésiter une seule seconde.

A la fin de la journée, petit baptême en passager du désormais connu Roland, pour voir ce que donne une GT86 vraiment à sa limite et au delà, ce qui a donné lieu de très belles dérives et ce même si l’ESP restait actif dans une certaine mesure. On notera que malgré notre conduite agressive, et en passant de main en main, toutes nos GT86 se sont comportées à merveille, le freinage est resté au rendez-vous, les pneus ne sont pas trop parti en fumée, bref elle peut convenir à un usage piste occasionnel (bien entendu un vrai pistard optimisera pas mal de choses !)

Toyota GT86 Experience 01

Au final que retenir ? Non, la GT86 n’est pas une voiture de ligne droite, non, la GT86 n’est pas une voiture de luxe, mais oui, la GT86 est une voiture plaisir. Il faut vraiment la conduire pour se rendre compte de cette volonté d’imprimer le sourire à son pilote, et pour ce prix en neuf, pas vraiment de concurrence aussi fun. Une RCZ THP 200 sera jolie, plus luxueuse mais bien trop collée à la route pour s’amuser, une Megane/Clio RS sont sans aucun doute plus rapides, plus efficaces mais procurent un plaisir de conduite très différent… Ses adversaires les plus proches sont plutôt du côté de l’occasion avec notamment la S2000 et son moteur fantastique, ou bien encore un Porsche Boxster avec son flat 6 et un moteur central.

Pour ma part, et je suis parfaitement sérieux en écrivant cela, je réfléchi déjà à un achat en occasion en 2014 ! Mais avant cela, on va essayer de se débrouiller pour vous proposer un essai routier, car si on sait que c’est un vrai jouet, on aimerait savoir si elle convient à un usage quotidien et routier plus « calme » tout en restant enthousiasmante.

En tout cas, on remercie vraiment Toyota pour l’invitation, ainsi que l’équipe d’Oreca et notamment Roland pour nous avoir appris des choses tout en nous laissant parfaitement nous amuser. On passe aussi un coucou aux autres participants, très bonne ambiance, je retiens notamment les sessions sur piste entre Blog-Moteur et AutomotivPress, où on n’amusait pas le terrain ! Enfin, merci à l’agence Moxie pour l’organisation sans faille (on est quand même reparti à 4 dans le TGV avec une tropézienne entière à manger ! 😀 )

Toyota GT86 Experience 03

EnFonde6 / Fabien est depuis son plus jeune âge un passionné absolu d'automobile dans sa globalité : il aime les 6 en ligne BMW, les Vtec Honda, les V12 Ferrari, les V8 AMG... bref tout ce qui a une âme ! A ses heures perdues, il est administrateur et rédacteur en chef de Planete-GT.

13 Comments

  1. Bond

    26 novembre 2013 à 9:30

    @enfonde6 ,

    Alors honnêtement il y a une sacré différence entre le pilotage d’une GT-86 sur piste et votre test de la BRZ sur FM5 ?

    Franchement on est loin des réactions surjouées du jeu surtout si tu utilises leur fameux mode dit simulation.

  2. vassim

    26 novembre 2013 à 9:40

    Dommage qu’ils aient oublié le turbo dans la boite a gant, avec un EJ turbo comme on les connait chez sub, ca pourrait être une auto très rock’n roll.

  3. Muhammed GTR

    26 novembre 2013 à 9:41

    Mdrr sacré parasite celui la qui compare forza avec tout , finalement tu doit kiffer ce jeu qui ne sort plus de ton esprit haha , sinon tres bon article !!

  4. Bond

    26 novembre 2013 à 10:05

    T’as de copains pour t’amuser ? Lâches moi stp !!!

  5. EnFonde6

    26 novembre 2013 à 10:08

    @Bond, Oui, et non. Bon déjà la comparaison avec une manette en main est biaisée, et surtout j’ai pas suffisamment de talent en vrai pour mettre complètement la voiture en gros travers, je me contente de dérives. Mais j’ai tout de même retrouvé le comportement général, notamment sur la façon donc elle se comporte lorsque l’on dépasse les limites d’adhérence. Après il y a une exagération sur le fait qu’elle glisse plus facilement que dans la réalité, car la GT86 en vrai a cet avantage qu’elle glisse quand tu lui en donnes l’autorisation.
    Mais sur cette voiture, je trouve Forza plutôt convainquant, mais la GT86 est aussi assez réaliste dans GT5 (plus réaliste en comportement général, mais nettement moins sympa lorsque l’on dépasse les limites d’adhérence).

    @vassim => Clairement on ne serait pas contre une bonne 50aine de chevaux (voir plus, soyons fou !) car le châssis encaisserait sans aucun problème !

    @Muhammed GTR => Merci d’arrêter les attaques gratuites et personnelles envers d’autres commentaires, car Bond pose une question intéressante. Tes prochaines remarques de ce type seront supprimées.

  6. vassim

    26 novembre 2013 à 10:16

    C’est quoi la monte pneumatique d’ailleurs ?

    Avec des pneus en toncar c’est toujours marrant mais ca serait surement différent avec des semi slicks.

  7. EnFonde6

    26 novembre 2013 à 10:42

    Ce sont des 215/45 R 17, des Michelin qui sont de mémoire ceux de la Prius. « Faible » adhérence = fun, et c’est voulu, on peut s’amuser à relativementfaible vitesse, d’où le fait que l’on s’amuse avec « seulement » 200ch. Bon après selon l’expérience du pilote (pour ma part, ça se résume à des tractions sportives type 206 S16, Fiesta ST, Clio RS, Megane RS…), j’imagine qu’on ne s’y retrouve pas forcément en terme de sensations fortes.

    Par contre en efficacité, clairement c’est autre chose, pas du tout fait dans cette optique. Je pense qu’une Clio 4 RS passe plus fort partout… mais ce n’est pas grâve car tu t’éclates d’une autre manière.

    Mais bon, perso cette approche « fun » me séduit davantage qu’un autre coupé comme le RCZ THP 200 que j’ai essayé peu de temps avant, où c’est certes efficace et bien plus coupleux, mais je n’ai rien ressenti de particulier à son volant.

  8. Bond

    26 novembre 2013 à 10:49

    @enfonde6,

    Je te remercie pour ton retour.

    Effectivement j’attends du site un test avec le volant TX 458 , j’aimerais vraiment savoir si ils ont commis la même erreur de prise en charge du volant comme les fanatec avec FM4 : c-à-d quelque de complètement inconduisible surtout dans leur fameux mode simulation.

    Et je rajouterais un tout dernier point essentiel : la possibilité de faire un freinage dégressif , ce qui était impossible avec FM4 à cause du manque de progressivité sur la sensibilité du réglage des freins.

    Dans l’attente de votre retour.

    A+

  9. ZeBigK

    27 novembre 2013 à 12:44

    @Bond : Beaucoup d’essai en cours de réalisation, je me mets dès que possible sur le dossier Thrustmaster !

  10. YfficBzh

    27 novembre 2013 à 8:19

  11. Bond

    27 novembre 2013 à 10:50

    @YfficBzh,

    Merci le breton pour l’info.

    Mais je l’ai déjà posté , et justement ce que j’ai observé dans ce test n’était pas vraiment alléchant.

    On s’aperçoit que la prise en charge du volant semble aussi mauvaise que celle réalisée pour les volants fanatec sur FM4.
    Il n’y a aucune adéquation entre les mouvements du volant réel avec le volant virtuel.
    La sensibilité est extrême , on voit le volant virtuel partir de butée en butée alors que le testeur tourne à peine le volant réel.

  12. YfficBzh

    27 novembre 2013 à 9:18

    @Bond

    Merci l’espion… :-))

    Tu ne dois pas être completement bilingue car au contraire les personnes de insideracing (qui pourtant ne sont pas pro console) indique au 2/3 de la vidéo qu’en allant dans les réglages ils arrivent à un résultat vraiment interessant… (pour une console evidemment).

  13. Bond

    27 novembre 2013 à 10:00

    @yffcbzh,

    Je ne suis pas fluente mais j’avais bien compris leur message , mais justement j’ai été choqué par leurs commentaires par rapport à ce qu’on peut observer dans la vidéo.

    D’ailleurs j’ai été énormément déçu de leur analyse sans aucune impartialité , ils ont perdu toute crédibilité à mes yeux.

    Ceux sont des mecs rodés aux tests et surtout ils sont pro sur IRACING et là ils étaient incapables de faire un tour propre avec une simple caisse.

    Ils sont mackés par les fournisseurs de matériel .