Au coeur des 24h du Nurburgring !

17 Mai 2012, le début de 3 jours qui restent gravés dans mon esprit et l’un de mes meilleurs weekends de l’année!

Après avoir découvert le mythique circuit du Nürburgring Nordschleife l’an dernier avec ma propre voiture, puis vécu les courses du championnat d’endurance VLN au sein du DTi Racing, et finalement avoir fait les 24 Heures du Mans en Juin 2011, c’est 2 semaines plus tard que j’arrivais au Ring, comme on l’appelle, en tant que spectateur pour les 24 Heures du Nürburgring. Localisé dans l’Eifel, j’avais eu l’impression d’arriver sur une nouvelle planète!

Mais ça, c’était en 2011.

2012 m’a jusqu’alors permis de m’habituer au circuit, ses environs, son ambiance hors du commun (spécialement lors des compétitions) et son univers un peu particulier. Le 17 Mai donc, plus tôt que l’an passé, je suis arrivé dans l’Enfer Vert, une fois de plus, pour assister à une course. Lors de ce weekend ce tenaient les 24 Heures du Nürburgring, qui fêtaient leurs 40 bougies!
La tête pleine de souvenirs de l’édition 2011, je me suis dit « ah c’est bon, je connais, la surprise est passée, ce sera comme l’an dernier ». Promis, l’an prochain, je ne ferai pas la même erreur!

On retrouve bien entendu un peu ses « habitudes » mais surtout les habitués. Chaque année, des milliers, ou plutôt des dizaines de milliers de spectateurs se retrouvent dans les massifs de l’Eifel pour l’une des courses les plus difficiles au monde, sur le circuit le plus difficile et dangereux du monde, et qui plus est l’un des plus vieux encore en activité. Parce que le Nürburgring et sa mythique Nordschleife, la boucle nord de 20km de long, est un tracé qui vient d’une autre époque. Contrairement à des pistes plus modernes, ici il n’y a quasiment aucun dégagements. La piste est étroite, sinueuse, bosselée et piégeuse, et ses à-côtés ne sont que de simples bandes d’herbe de 2m de large la plupart du temps, avec ensuite le rail, et des grillages quelques mètres plus haut, plus les spectateurs avec leurs barbecues et stock de bières! On est au coeur de l’action, et même si la piste couvre au total plus de 25km, il y a tellement de véhicules engagés (quasiment 200) qu’il se passe rarement plus de 5 secondes entre le passage de deux concurrents! Spectacle assuré donc!

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Le weekend a donc commencé le Vendredi, direction le Ring depuis Francfort avec un ami en passager dans la RS, pour rejoindre 3 copains déjà sur place depuis la veille. Le jeudi n’est le théâtre que des essais libres, mais autant dire que les 3 compères avaient déjà vu quelques belles passes d’armes et des moments un peu plus tendus, nous montrant notamment une Clio Cup passer le virage de T13 totalement en travers, sous la pluie, devant le nez d’une GT3 Cup. Un moment qui a dû donner quelques sueurs aux deux pilotes.

Le Vendredi était consacré aux essais qualificatifs pour la course des 24 Heures, et dans l’après midi nous avons pu profiter des 24 Heures Classic, magnifique épreuve dans laquelle s’affrontaient de nombreuses 911, une 356, des 944, une Type E, des Scirocco, Golf, Alfa Romeo, et j’en passe et des meilleurs! Un spectacle à la hauteur des autos avec de nombreux pilotes qui donnaient tout ce qu’ils pouvaient à un rythme assez élevé, surtout pour des mamies de plus de 30 ans! C’est toujours autant un plaisir d’entendre ces vieux moteurs rugir dans leurs échappements libres, avec en fond sonore la frénésie des abords de la piste avec tous ses différents stands et autres installations mis en place par les spectateurs qui restent pour certains pendant plus d’une semaine, campant sur place tous les soirs, peu importe la météo.

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La soirée fut un petit peu arrosée, mais pas par la pluie, et on a pu profiter cette année d’une nouveauté, le Top 40. Les 40 meilleurs avaient droit à une séance de 4 tours à fond, avec donc moins de monde en piste, pour tenter de boucler un meilleur chrono. Spectacle garanti avec les missiles présent dans le plateau cette année. En effet, l’édition 2012 comptait 8 Audi R8 LMS Ultra, 6 BMW Z4 V8 GT3, 6 Mercedes SLS AMG GT3, la Ferrari Glickenhaus P4/5 Competizione, 4 Porsche Manthey Racing, etc etc. Du gros calibre donc.

La soirée du Vendredi, ou plutôt la nuit du Vendredi au Samedi, est le théâtre de l’envahissement complet de la piste par les spectateurs. En effet, c’est à ce moment là que tous les graffitis sont réalisés sur le tarmac du circuit!
Les aficionados des 24 Heures prennent possession du circuit durant quelques heures, tous les marshalls ayant quitté les lieux. Entre feux d’artifice, rave party en piste, glissades dans les descentes du circuit sur des jouets d’enfants ou même des caisses de bières, l’ambiance est totalement déjantée, voire même impossible à décrire. Mais c’est cela qui rend les 24 Heures du Ring si atypiques et mythiques. Imaginez les 24 Heures du Mans moto, placez cela en Allemagne, avec des fêlés venus de tous le pays, de Suède, d’Autriche, de Finlande… et vous aurez une idée de peut-être 20% de la folie qui règne sur place pendant une semaine complète!
C’est un autre monde, une autre planète. Pendant cette semaine, il y a le Nürburgring, et le reste du monde.

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Samedi est donc arrivé assez rapidement, et les choses sérieuses ont commencé. La matinée était chargée avec la Carrera Cup allemande, la Clio Cup allemande, et le Mini Challenge. Des courses d’une heure environ, mais avec une bataille de tous les instants! La Carrera Cup fut très très mouvementée, avec de nombreux accrochages et des pilotes qui conduisaient leurs 911 comme sur une course de karting, n’hésitant pas à passer dans l’herbe pour doubler leurs adversaires ou des retardataires! Complètement hallucinant à voir, mais quel spectacle!
La Clio Cup et le Mini Challenge n’étaient pas en reste malgré un rythme moins élevé. Les pilotes roulaient régulièrement par paquets de 5-6 voitures, pare-choc contre pare-choc, attaquant d’une façon que l’on n’oserait même pas essayer dans un jeu vidéo. Ces tractions roulent vite, collent bien au sol, et offrent un show que les spectateurs ont su apprécier à sa juste valeur. Enfin, tout du moins les spectateurs qui savaient encore où ils étaient, vu que certains avaient une gueule de bois mémorable.

La course des 24 Heures a débuté à 16h le Samedi, partant sur des chapeaux de roues. BMW, Audi et Mercedes étant officiellement engagés, avec Porsche renouvelant sa participation via l’équipe Manthey Racing, victorieuse avec la GT3 R en 2011, la plateau était relevé et l’enjeu final considérable. On a donc assisté à un sprint de 24 Heures, personne ne ménageant sa monture.
Durant les 24 Heures, il y a eu de très nombreux accrochages, réduisant à néant les efforts des nouvelles McLaren MP4-12C GT3 qui finirent toutes à la casse. La tête de la course a changé un nombre incalculable de fois, et honnêtement après quelques heures et la valse des arrêts aux stands, on commence à s’y perdre un peu.

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La nuit nous a permis de nous balader un peu autour de la piste et faire quelques bonnes photos, accédant jusqu’au rail de sécurité, cachés à un endroit où les marshalls ne pouvaient pas nous voir, dans la descente menant sur la compression de Fuchsröhre, où les leaders passent à plus de 260 km/h. L’avantage d’être sur place pendant la nuit, et ce au détriment du sommeil qui est clairement sacrifié durant tout le weekend, c’est que l’accès aux paddocks et à la pitlane est beaucoup plus aisé. Pendant la journée, avec la foule de spectateurs, impossible de voir les teams, les voitures, et encore moins l’intérieur des stands, bien gardés par la sécurité. Durant la nuit, les marshalls sont plus relax et vous laissent entrer beaucoup plus facilement. On a ainsi pu passer près de 2 heures dans les stands, à voir les pilotes, les ravitaillements, les équipes qui commencent à accuser le coup des heures de course et toute la tension que cela implique.

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Après une petite pause pour se reposer le Dimanche matin, on a repris la route du circuit pour s’installer dans la tribune de la ligne droite d’arrivée et profiter des dernières heures de course sur le circuit F1. On a ainsi pu reprendre un peu le fil de la course et voir qui était en tête. A 1 heure de la fin, 6 voitures se tenaient encore en moins de 10 minutes, ce qui est un écart minime sur cette piste puisque le moindre problème qui peut survenir à un concurrent représente généralement plusieurs minutes de perdues pour rentrer au stand au ralenti, étant donné la longueur du circuit. Le run final fut génial entre la SLS AMG Mamerow Racing et la Porsche Manthey. La SLS en 3e playe ayant cassé son moteur à 15 minutes de la fin, la SLS Mamerow était remontée sur le podium. Mais la GT3 RSR du team Manthey, à l’attaque maximale durant tout son dernier relais, refaisait rapidement son retard, et les derniers tours furent un coude à coude entre les deux voitures!

Un coude à coude tel que les deux concurrents ont doublé le leader de la course (qui avait un tour d’avance à la fin) lors de leur dernier tour, alors que le leader ralentissait un peu le rythme pour passer la ligne juste après les 24 heures sur l’horloge. Ayant redoublé le leader, et étant donc à nouveau dans le même tour, la SLS et la Porsche se sont affrontées jusqu’à la dernière ligne droite où le pilote de la Porsche a rendu les armes, ralenti et s’est presque littéralement arrêté au milieu de la piste, l’horloge n’affichant plus que quelques secondes avant la fin de la course. Pourquoi cela? Parce que la RSR n’avait tout simplement plus assez d’essence pour boucler un tour de plus, et serait donc tombée en panne, et disqualifée. La RSR a donc attendu l’Audi R8 du team Phoenix pour franchirt la ligne. Sauf que juste avant que cette dernière ne franchisse la ligne, le pilote de la Clio Cup (leader de sa catégorie au passage!) n’a pas vu la Porsche arrêtée en piste, et est venu s’encastrer violemment dans l’arrière de la 911, détruisant ainsi les deux voitures.
Manthey finit donc l’édition 2012 sur un abandon, Audi remporte la course avec un doublé des R8, et Mercedes place une SLS du team Mamerow en 3e.

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Une course de 24 heures qui se joue dans les 5 dernières secondes pour le podium, et qui a offert des combats à tous les niveau durant toute sa durée. L’édition 2012, avec son soleil (peu commun là-bas!), ses rebondissements, ses accidents à répétition, et son finish absolument inattendu, a donc été à la hauteur de nos attentes!
Un weekend sur une autre planète, avec les amis, sur le plus beau circuit du monde, dans un cadre magnifique, et avec une seule envie au final : revenir l’année prochaine.

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4 Comments

  1. jkf

    10 juin 2012 à 10:54

    somptueux!! belles photos en plus, des voitures mythiques…. je tâcherai de trouver une chaîne qui diffuse ça l’année prochaine!

  2. jafam

    15 juin 2012 à 3:12

    Pour moi la plus belle course d’endurance au monde largement au dessus des 24h du Mans.

  3. Cyril

    17 juin 2012 à 9:38

    Trés jolie photo !!!

  4. yotah1

    12 juillet 2012 à 10:24

    Merci pour les compliments, j´essaie de faire de mon mieux pour retransmettre l´ambiance et le coté fou de cette course 🙂
    Plusieurs retransmissions sont visibles sur le net chaque année, et Eurosport en passe de temps en temps pendant la course.