WRC 2 : Le Test

Après un premier épisode à la fois très décevant et dépassé mais plutôt encourageant, Milestone nous propose un second épisode du jeu basé sur le championnat du monde des rallyes WRC. Mais a-t-il suffisamment évolué pour devenir une référence ?

Les jeux de rallye ont longtemps été un genre très important du monde des jeux de course avec notamment les Colin McRae Rally, Richard Burns Rally et WRC sur PS2. Mais avec l’arrivée du multijoueur, notamment, où ces jeux n’ont que peu d’intérêt, le genre s’est fait rare. Seul sur le marché, les DiRT de Codemasters sont toutefois bien moins axé sur le rallye, même si le 3ème opus renouait davantage avec cette orientation. C’est en voyant une place libre et une attente des joueurs que le petit studio de développement Milestone, déjà auteur notamment des jeux de motos SBK, a cassé sa tirelire afin d’acquérir les droits du championnat WRC. En 2010, WRC 1 nous proposait donc un vrai jeu de rallye, très complet, mais qui souffrait de graphismes complètement dépassés et d’une physique assez déroutante. Pour 2011, les développeurs nous ont promis une vraie évolution basée sur les critiques des joueurs avec ce WRC 2… Précisons que le jeu a été testé sur PC, avec un volant Logitech G25, mais qu’il existe aussi sur PS3 et Xbox 360.

Progrès insuffisants

Commençons par un point faible de son prédécesseur : les graphismes. De ce côté là, on ne peut pas nier que des efforts ont été faits, avec une qualité générale en hausse et une apparence moins datée. Les voitures de WRC de la saison 2011, par exemple, sont plus détaillées et bénéficient d’une modélisation convaincante tandis que les environnements ont aussi été modérément revus. Mais s’il y a du mieux, WRC 2 reste particulièrement daté graphiquement et n’arrive pas à la cheville d’un DiRT 2 ou 3. Par exemple, certaines voitures sont particulièrement mal faîtes avec des proportions totalement loupées, et des assemblages de textures très curieux. En outre, les environnements des rallyes déjà présent dans WRC 1 sont repris quasiment à l’identique, et il n’y a clairement pas de miracle ! Au final, le tout est en progrès, mais clairement pas assez pour être à un niveau acceptable en 2011 même si la fluidité du jeu est au rendez-vous et que l’on ne note pas de vrais bugs d’affichage.

Sensiblement le même

Continuons avec le gameplay, et là encore, c’est une déception. En effet, le jeu a, là encore, peu évolué et garde la même sensation bizarre procurée par le pilotage des voitures. La gestion du grip est déroutante, au point que l’on a l’impression de glisser bien plus sur asphalte que sur terre tandis que les transferts de masse ne jouent pas beaucoup dans la conduite. Toutefois, le jeu demande toujours un travail sur le placement de la voiture pour aller vite qui reste intéressant et si l’on arrive à s’habituer à la physique, le plaisir de jeu peut venir progressivement. Notons aussi que le gameplay est handicapé par un système ralentissant les voitures sont qu’elles sont en dehors de la vraie piste, ce qui est bien pour empêcher de couper, mais qui est ridicule d’un point de vue du réalisme sur un jeu de rallye où il arrive régulièrement de légèrement empiéter sur les bas côtés. La gestion du volant demande quelques réglages pour être bonne, mais il est clair que le plaisir est nettement amélioré par l’utilisation de cet accessoire indispensable.

Copilote nul

L’immersion est aussi un point important dans un jeu de rallye. WRC 2 propose deux vues intérieures, l’une semblant être dans le casque, l’autre étant plus classique. Même si dans l’ensemble, c’est de bon niveau, nous regrettons comme souvent que l’on soit très loin d’un Shift 2 avec moins d’impression de vitesse et moins de mouvements de caméra. Les sons des moteurs semblent avoir progressés sans toutefois atteindre un niveau suffisant pour un connaisseur en la matière. Notons aussi que le copilote n’est pas particulièrement compétent puisque bien que l’on puisse régler son timing d’annonces, il sera régulièrement à la ramasse. Pire, lors d’accident, il continue de crier des choses totalement débiles, surtout lorsque l’on sait qu’il n’y a quasiment jamais aucun échange de ce genre en rallye. (On se souviendra tout de même de Delecour qui engueule sont copilote !)

Le WRC, tout le WRC

Du côté du contenu, Milestone a de nouveau fait un travail très complet avec l’intégralité des voitures et rallyes de la saison 2011. Et ce ne sont pas que les voitures de WRC qui sont présentes puisque nous retrouvons les autres catégories avec le S2000 et les P-WRC. A cela, il faut ajouter des voitures plus anciennes avec notamment les Groupe B, les reines des années 1990 ainsi notamment une vieille Peugeot 504. Il y en a clairement pour tous les goûts ! Du côté des rallyes, la grande majorité provient du précédent opus sans véritable changement dans le tracé des spéciales, ce qui donnera une grande impression de déjà-vu à de nombreux joueurs. Il faut tout de même signaler l’arrivée de nouveaux rallyes ainsi que de spéciales urbaines dans Berlin.

En route vers le sommet

Et tout ce contenu est très bien utilisé dans le mode carrière qui est le point central du jeu. Dans ce mode, classiquement, vous commencerez par le bas de l’échelle dans de modestes voitures pour finalement atteindre la catégorie reine, le WRC. A nouveau, le jeu vous propose de gérer votre équipe en choisissant votre « style » et vos couleurs tout en débloquant petit à petit des sponsors qui augmenteront vos revenus. En outre, vous pouvez embaucher des ingénieurs qui vous permettront de faire évoluer vos voitures au cours de la saison tandis qu’un responsable sera chargé de vous obtenir les meilleurs contrats. Cela permet d’ajouter une petite partie de gestion assez appréciable, bien qu’elle ne soit clairement pas très poussée. Si l’on parle de la durée de vie, WRC 2 vous en offrira pour votre argent avec de nombreuses heures de jeu d’autant qu’il existe du multijoueur en ligne à 16 joueurs pour prolonger l’expérience.

Conclusion

A l’heure du bilan, le constat est très mitigé et décevant. En effet, l’évolution entre WRC 1 et 2 n’est pas aussi grande que ce que Milestone nous promettait. Certes, il est un peu plus beau et un peu plus agréable à prendre en main, mais l’on reste encore bien trop loin des standards de qualité de 2011 pour être vraiment acceptable. Au niveau du plaisir de pilotage, un bon vieux Richard Burns Rally fait toujours mieux, tandis qu’au niveau des graphismes, Dirt 3 l’humilie. Néanmoins, on arrive à apprécier le jeu pour une raison assez simple, c’est qu’il est à l’heure actuelle le seul vrai jeu de rallye récent avec un contenu digne de ce nom. Espérons dès lors que WRC 3, déjà prévu pour 2012, sera à la hauteur de nos attentes car sur le principe, Milestone reste à applaudir.

———————————————————————————————————————————————-

PGT aime :                                                                                                                                    PGT n’aime pas :

Du vrai rallye                                                                                                                                  Les graphismes
Le contenu                                                                                                                                            Le gameplay
La carrière                                                                                                                           Trop proche de WRC 1

Note technique : 11/20
Note gameplay : 12/20
Note générale : 12/20

EnFonde6 / Fabien est depuis son plus jeune âge un passionné absolu d'automobile dans sa globalité : il aime les 6 en ligne BMW, les Vtec Honda, les V12 Ferrari, les V8 AMG... bref tout ce qui a une âme ! A ses heures perdues, il est administrateur et rédacteur en chef de Planete-GT.

1 Commentaire

  1. slayer10

    17 novembre 2011 à 10:30

    Bon quel dommage, ça n’a vraiment pas évolué des masses, au vu des videos (et il y a bien tous les rallyes du championnat, mais les spéciales sont totalement fantaisistes par rapport à la réalité)
    Il faut quand même préciser, mais ça n’engage que moi, c’est que Dirt3 est certes bien plus beau, mais le contenu est VRAIMENT très très faible (en tout cad en rallye), où est l’intérêt de faire des spéciales de 2,5 km (la longueur d’une super spéciale)? Ca n’engage que moi également, mais j’aime encore moins la physique très arcade de l’opus de Codemasters.
    Au final j’ai passé bien plus d’heure en mode carrière dans WRC que dans Dirt3 qui ne m’accroche pas du tout.
    Bref WRC2 sera un jeu interessant à posséder quand il sera bradé, ne fut-ce que pour piloter la DS3 WRC absente de la licence Codemasters.