Driver San Francisco : Le test

La mythique série des Driver était petit à petit tombée dans l’oubli ces dernières années, faute de suite à la hauteur du premier opus. Mais Tanner est désormais de retour, sur les routes de San Francisco, pour de nouvelles aventures. Alors un jeu à avoir, ou à « shifter » ?

Driver, ce fut une sacrée claque lors de sa sortie en 1999. En effet, ce jeu de courses-poursuites avait séduit par son ambiance, son moteur graphique et surtout son moteur physique qui permettait un pilotage très immersif et plaisant pour l’époque. Malheureusement, depuis, la série a toujours pris la pente descendante, s’essayant même à une sorte de GTA-Like sans grand succès. Toutefois, Ubisoft a cru en sa licence et a décidé de nous faire un nouveau Driver en 2010, notre Driver San Francisco avec un curieux système de changement de voiture par téléportation baptisé « Shift ». Il semble néanmoins que le développement a été chaotique puisque le jeu a été reporté de près d’1 an sans quasiment aucune communication pendant de longs mois, ce qui laisse présager du pire. C’est donc sans grandes attentes que l’on a mis le DVD du jeu dans notre Xbox 360 pour réaliser ce test

Efficace mais filtré

Comme toujours, nous commençons par parler des graphismes du jeu. Sur ce point, le constat est plutôt nuancé car si le jeu est dans l’ensemble beau, il déçoit sur certains aspects. Commençons d’abord par les voitures, une vraie réussie puisqu’elles sont particulièrement bien modélisées et avec un niveau de détail impressionnant en tenant compte que toutes les voitures du trafic bénéficient du même niveau de détails. En outre, la ville de San Francisco est très convaincante et vivante, avec une belle profondeur de champs et des environnements suffisamment variés. Il faut toutefois remarquer que les bâtiments ont un rendu assez artificiel et « plat ». En outre, le jeu a un fort filtre graphique jaune sensé apporter une identité visuelle au jeu. C’est à double tranchant puisque, d’après les avis de joueurs que l’on a récolté, on aime ou on déteste ce rendu. De plus, toujours sur la technique, le jeu ne souffre pas trop d’aliasing, ni de clipping, et reste toujours très fluide bien que l’impression de vitesse ne soit clairement pas son point fort.

La vie en travers

Passons désormais au gameplay, le grand point fort de ce Driver San Francisco. Ce dernier ne se place pas dans l’approche presque « simulation » de son ancêtre, mais plutôt dans du fun et de la glisse. Force est de constater que cela marche à merveille pour peu que l’on accepte que le frein à main est notre meilleur ami. On s’amuse alors à placer sa voiture en glisse pour des drifts d’anthologie avec une très grande facilité tout en appréciant la très belle fumée créée par les pneus. En outre, la maniabilité des voitures est excellente avec un très bon compromis entre inertie et réactivité. Ainsi, le « zigzag » dans le trafic aura rarement été aussi amusant et facile, ce qui permet franchement de s’amuser instantanément, sans avoir les réflexes d’un pilote de F1. C’est véritablement ce que l’on peu qualifier de jeu « sans prise de tête » sur le gameplay.

Ça shifte !

Mais là où Driver San Francisco innove, c’est bien sur son fameux « Shift ». Le principe est le suivant : vous pouvez à tout moment sortir de votre voiture, comme si vous flottiez dans les airs, et choisir n’importe quelle autre voiture pour en prendre les commandes. Cela permet donc une certaine liberté sans avoir à mettre au point des phases de jeu à pieds, et c’est surement tant mieux quand on se rappelle des précédentes tentatives dans les Driver. De plus, les développeurs ont construit le jeu autour de cette fonction, ce qui le rend très naturel à utiliser et l’on prend très vite l’habitude de s’en servir. En effet, beaucoup de missions et autres défis reposent sur l’utilisation du « Shift » avec par exemple la possibilité d’utiliser une voiture arrivant à contre-sens pour éliminer un ennemi qui vous suit de trop près.

Bizarre, surnaturel, sympa

Cette fonction assez bizarre l’est d’autant plus dans un jeu avec un scénario comme ce Driver. On nous justifie ce « Shift » par une histoire de coma dans lequel se trouve Tanner, le héros du jeu. Mais si cela pouvait sembler ridicule et totalement improbable sur le papier, les scénaristes l’ont plutôt bien implanté dans le jeu. Attention, il vous faudra tout de même une grande ouverture d’esprit, notamment dans certaines scènes on l’on est dans du grand n’importe quoi (je n’en dirais pas plus pour ne pas vous révéler quoi que ce soit mais ceux qui ont fini le jeu comprendront) mais le tout est fait avec une certaine légèreté qui nous permet d’accepter ces folies. Et bien que le scénario soit acceptable, ne vous attendez pas à une grosse intrigue pleine de rebondissement, mais après tout, nous sommes dans un jeu de course. En outre, outre l’histoire principale où Tanner doit faire une enquête pour savoir ce que prépare le méchant Jericho, vous aurez des missions secondaires avec d’autres personnages (des policiers, des « street racers ») qui permettent d’apporter de la diversité.

Y’a de quoi faire !

Du côté du contenu, Driver San Francisco a ce qu’il faut pour séduire. En effet, nous retrouvons plus d’une centaine de voitures sous licence avec de grandes marques comme Audi, Bentley, Chevrolet, Lamborghini et autres VW. Cela permet d’avoir une grande diversité de voitures des plus modestes comme les Alfa Mito et Chevrolet Impala aux plus puissantes comme la McLaren F1 ou la Pagani Zonda Cinque en passant par des camions, muscle cars et pick-up américains. Et si vous ne croiserez que rarement les supercars dans le trafic, vous pourrez cependant les acheter grâce à vos points de « volonté » qui vous seront donnés par la réussite de missions ou par votre conduite (drift, dépassement, sauts…). Par ailleurs, si la durée de vie de l’histoire principale n’est pas énorme, vous aurez de très nombreux défis et exploits à réaliser dans la ville. Ces derniers sont relativement variés, ce qui permet de lutter contre l’ennui même si au final, il n’y a que peu d’originalités. Vous avez aussi de très sympathiques défis « cinéma » qui vous proposent de revivre quelques poursuites issues de classiques du 7ème art et de séries TV tels que Bullitt, Cannonball, Shérif fais moi peur ou Starsky et Hutch. Tout cela mis bout à bout, la durée de vie s’avère très confortable avec environ entre 15 et 20h de jeu.

IA désespérante et ridicule

Mais alors ce jeu est-il presque parfait ? Non, en particulier pour un point récurrent dans les jeux d’arcade : l’IA. En effet, cette dernière est terriblement scriptée, et triche de manière absolument flagrante. Ce n’est pas que le jeu est particulièrement dur, il est même à mon sens très facile mais l’IA ruine quand même beaucoup l’expérience de jeu. Je m’explique : vos adversaires, qu’ils soient des pilotes en course ou des policiers en poursuite auront un comportement exactement identique, c’est à dire qu’ils vous prendront la tête toute la course en vous doublant de manière improbable. De plus, vous ne pourrez dans quasiment aucun cas distancer vos adversaires, jusqu’à ce que le jeu décide, vers la fin de la course, de vous laisser faire. Ainsi, dans les missions, vous ne pourrez pas semer la police à moins d’un très gros coup de chance, puis, subitement, alors que vous êtes au bord de désespoir, cette dernière s’arrête presque et vous vous échappez sans difficulté. Au final, on ne prend même plus la peine d’essayer des choses, et on finit par attendre que le jeu nous laisse gagner, ce qui est une totale hérésie.

Plus on est de fous…

Heureusement, nous pouvons nous débarrasser de cette IA bancale grâce au multijoueur qui a été particulièrement soigné par les développeurs. Ce multijoueur est compartimenté en plusieurs types de modes de jeux regroupant chacun 2 modes allant d’un « capture the flag » en équipe, à de la course simple sans « Shift » en passant par des modes plus originaux comme celui où vous devez rester dans le sillage d’une voiture de l’IA. Ces modes offrent une véritable diversité, même si l’on peut justement regretter que l’on ne puisse pas passer de l’un à l’autre sans revenir au menu principal. Les modes utilisant le « Shift » sont souvent le théâtre de grands moments de pure folie avec des voitures dans tous les sens. En outre, les modes en équipes sont assez convaincants et reposent sur une bonne coordination entre les membres d’une même équipe. Enfin, les courses sans « Shift » souffrent souvent de joueurs ultra bourrins ainsi que d’un relatif faible nombre de tracé étant donné l’infinité de combinaison que permettait un environnement ouvert. Au final, ce multijoueur n’est pas des plus fréquentés, mais il reste un gros point fort du jeu.

Conclusion

A l’heure du bilan, Driver San Francisco est une très bonne surprise. Clairement, il n’est pas vraiment dans la lignée du premier opus de la série, mais il apporte une certaine fraîcheur dans le monde des jeux de course. A la fois plutôt beau, très fun, dynamique et très plaisant à prendre en main, il mérite franchement le détour pour le peu que l’on ne soit pas fermée au « Shift » et à son histoire pour le moins étrange.

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PGT aime :                                                                                                                                    PGT n’aime pas :

Le gameplay                                                                                                                                                      L’IA
Le shift                                                                                                                                              Les bâtiments
Le contenu                                                                                                                    .
Le multijoueur

Note technique : 15/20
Note gameplay : 18/20
Note générale : 16/20

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EnFonde6 / Fabien est depuis son plus jeune âge un passionné absolu d'automobile dans sa globalité : il aime les 6 en ligne BMW, les Vtec Honda, les V12 Ferrari, les V8 AMG... bref tout ce qui a une âme ! A ses heures perdues, il est administrateur et rédacteur en chef de Planete-GT.