Gran Turismo 5 : Le test

6 longues années, c’est le temps qui sépare Gran Turismo 4 de Gran Turismo 5. Durant ces années, les rêves et autres fantasmes ont été légions, bien aidés par des déclarations de Kazunori Yamauchi et par une communication inexistante. Mais au final, que vaut ce cinquième opus ? Réponse dans ce test sans concessions.

Petit avant propos, pour ceux qui ne connaissent pas encore la série des Gran Turismo. Créée par Kazunori Yamauchi en 1997, la série avait à l’époque complètement révolutionné le genre des jeux de course en proposant un jeu au contenu énorme et un vrai mode de progression en carrière. Depuis, à chaque épisode, la qualité est montée crescendo avec toujours une certaine idée de la perfection dans les détails (ce point est important pour comprendre la suite du test). En ces 13 ans, plusieurs jeux ont tenté de l’imiter, sans jamais l’égaler jusqu’à ce que LE vrai concurrent entre en jeu : Forza Motorsport dont le troisième opus avait été très apprécié ici. C’est un point important, puisque là où nous n’avions pas de vrais points de comparaison il y a quelques années, pour Gran Turismo 5, c’est un peu différent. Je précise, pour terminer, que le jeu a été en majorité testé avec le volant Logitech G25 et que nous nous sommes appliqués à totalement découvrir ce jeu en pronfondeur avant de vous proposer ce test (niveau 30 en A-Spec et 36 en B-Spec, 96% du jeu terminé au moment ou ce test est rédigé et plusieurs heures en multijoueur), ce qui explique en partie pourquoi il est publié si tard.

La belle et la bête

Commençons par parler des graphismes de ce GT5, et c’est une première déception. Gran Turismo a toujours été clairement le plus beau des jeux de course et bénéficiait d’une réalisation irréprochable. C’est très nettement moins vrai pour le 5 puisque l’on alterne entre du magnifique et du lamentable. Le magnifique, ce sont les voitures premium dont la modélisation est absolument merveilleuse, la gestion des lumières lors du cycle jour/nuit et des effets climatiques, ainsi que certains circuits. Le lamentable, ce sont les voitures standards qui ne sont qu’un simple portage des voitures de GT4 avec des textures « miroir » et une qualité qui tranche bien trop avec les autres voitures, mais c’est aussi certains circuits que l’on peut qualifier de standards aussi avec des arbres et autres objets en 2D particulièrement laids. Notons aussi du clipping et un aliasing complètement hallucinant lorsque la voiture est dans un nuage de fumée ou d’eau. Le jeu ne semble aussi pas toujours parfaitement fluide, même si cela reste toujours parfaitement jouable. Alors oui, dans certaines conditions (circuit et voitures premium) le jeu est clairement le plus beau, mais dans d’autres conditions, nous ne sommes absolument pas au niveau de Forza Motorsport 3, sorti il y a plus d’un an.

Plaisir intense

Passons au gameplay, un point qui nous faisait très clairement peur après la démo GT Academy qui était parfaitement horrible. Et pourtant, la physique des voitures est sans conteste la force absolue de ce Gran Turismo 5. La gestion des transferts de masse est bonne, la direction est précise et informative tandis que les pertes d’adhérence sont enfin très bien gérées. Le sous virage chronique des précédents GT est bien moins présent, tandis que les glisses sont plus progressives et facile à maitriser. La conduite sous la pluie demande beaucoup de prudence tandis que le rallye est bien plus réussi qu’auparavant avec enfin un peu grip. Au volant, ce jeu est un pur bonheur ! A la manette, vous perdrez beaucoup de ce plaisir bien que le jeu reste absolument jouable sans problème. Toutefois, notons quelques éléments curieux, comme par exemple que certaines voitures puissantes ne patinent presque pas lors de départ arrêté effectué avec le pied à fond sur les gazs. Par ailleurs, GT5 dispose de nombreuses aides au pilotage qui permettent réellement de s’adapter à votre niveau de pilotage, d’autant plus que certaines ne sont pas trop castratrices. Très appréciable pour ceux qui ne sont pas nés avec le talent de Sébastien Loeb… Enfin, du côté de la gestion des dégâts, les voitures se déforment parfois de manière plutôt réussie, mais aussi parfois d’une manière assez risible (on a l’impression que la voiture a fondu…) tandis que les dégâts mécaniques ont récemment été ajouté dans une mise à jour, mais uniquement pour le multijoueur.

Aphone + Inintelligence Artificielle

Du côté des courses en elles-mêmes, lorsque vous êtes dans une des 200 voitures avec une vue intérieure, l’immersion est plutôt réussie. La caméra n’est plus totalement fixe, et si l’on n’atteint pas la folie de la vue intérieure de NFS Shift, le tout permet d’avoir une bonne impression de vitesse. Par ailleurs, lorsqu’il pleut ou que vous êtes sur terre ou neige, les projections sur votre pare-brise sont saisissantes et cela rend la course assez jouissive puisque vous ne voyez presque rien ! Du côté des sons des moteurs, le résultat est franchement nul, si on reconnait parfois le moteur, il n’a jamais la force sonore que le moteur a en réalité. Pire, dans la majorité des cas, le son ressemble toujours à un appareil électroménager du type aspirateur ou mixeur ce qui handicape grandement le plaisir de mener une supercar. Cette médiocrité est d’autant plus dingue que tous les concurrents sont à des années lumières sur cet aspect que cela soit un Need for Speed, un Forza Motorsport ou bien un Test Drive Unlimited…. Par ailleurs, nous découvrons vite un problème : l’IA dont on cherche encore la signification du « i ». Cette dernière est absolument horripilante, scriptée, stupide et elle vous sortira régulièrement de la route. De plus, lorsque vous la touchez, outre le bruit ridicule de la collision, vous resterez plus ou moins collé à l’autre voiture puisqu’il arrête d’accélérer. Le pire étant de supporter cette IA lors d’épreuves spéciales ou de permis où elle est calibrée pour être lente et gênante. De plus, en B-Spec, votre pilote démontrera encore davantage les gros soucis de l’IA puisqu’il ne double pas toujours et reste collé au pare-chocs des voitures devant lui en perdant un temps énorme. De plus, on note qu’il n’y a pas de drapeau bleu ordonnant aux retardataires de laisser passer, ce qui fera parfois perdre un temps monstrueux à votre pilote. Seul point positif, elle est bien plus entreprenante qu’auparavant et tente vraiment de vous doubler.

Durée de vie artificielle

Du côté du contenu et de la structure du jeu, nous retrouvons du classique avec un mode GT et un mode arcade. Parlons essentiellement du premier qui propose une interface plutôt jolie et très travaillée, presque trop puisque le tout est un peu fouillis et peu ergonomique. Par exemple, pourquoi ne peut-on pas revenir directement en arrière en appuyant sur « rond » ? Vous êtes obligés d’appuyer une fois sur le bouton, ce qui place le curseur sur le bouton de retour au menu principal et ensuite vous confirmez. A cela, il faut ajouter des temps de chargement relativement longs que cela soit dans les menus ou pour les courses, même si vous avez installé le jeu pendant près de 50 minutes. Le mode GT s’articule autour d’un mode A-Spec avec différents championnats et de son équivalent en B-Spec (où vous engagez un pilote pour faire les courses), des classiques permis mais aussi des évènements spéciaux du type AMG Driving School ou des challenges Top Gear. Bien que cela soit plutôt varié, il n’y a finalement que trop peu d’épreuves, vous arriverez très vite à la fin du jeu. Enfin… pas tout à fait. En effet, la progression se fait avec de l’XP que vous gagnerez en A et B Spec qui permet de débloquer les épreuves. Mais lorsque vous arriverez au niveau des courses d’endurance, l’XP vous manquera cruellement pour continuer de progresser. Par exemple, il vous faudra recommencer près d’une dizaine de fois les 24h du Mans pour débloquer les 24h du Nurburgring en B-Spec ! Bref, le tout est mal pensé et augmente la durée de vie de manière artificielle alors que celle-ci n’est clairement pas aussi énorme que sur les précédents épisodes.

Peut mieux faire

Passons désormais à un gros ajout de ce Gran Turismo 5, le mode en ligne. Passé les problèmes des premiers jours après la sortie du jeu, il faut avouer que cela fonctionne relativement bien. Le mode GT est constamment connecté au online et vous permet d’envoyer des messages ou bien des voitures à vos amis. Vous pouvez aussi suivre leurs progressions, et voir si l’un d’entre eux joue en ligne pour le rejoindre. Le tout est bien pensé et bien intégré au jeu mais cela n’en fait pas du tout une référence, loin de là. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce mode de jeu semble en retard de plusieurs années sur la concurrence. Vous ne pouvez pas inviter d’amis, ce qui est un défaut évident puisqu’il faut systématiquement prévenir tous les amis en envoyant un message texte. Si l’on compare le combo Playstation Network + Gran Turismo 5 et le combo Xbox Live + Forza Motorsport 3, nous nous rendons vite compte des différences dans la simplicité d’utilisation. En outre, il n’y a aucun classement pour échelonner les performances des voitures comme dans Forza 3 et même GT5 Prologue, ce qui pose vite un problème car limiter seulement un rapport poids/puissance n’apparait pas toujours équitable. Il faut aussi noter que l’on ne gagne ni XP, ni argent lors de course multijoueurs… Bref vous l’aurez compris, cela fonctionne bien mais tout ce qu’il y a autour mérite encore beaucoup de travail.

Conclusion

A l’heure du bilan, l’avis est très mitigé. En effet, Gran Turismo 5 déçoit sur de très nombreux points, sur la majorité en réalité. Les sons moteurs, la modélisation des voitures standards, l’aliasing dans les nuages de fumée, le online pas assez travaillé, la progression rébarbative, le faible nombre d’épreuves, l’IA etc… Tout cela n’est pas du tout au niveau où l’on attendait le jeu et l’on se demande pourquoi l’attente a été si longue. Toutefois, le jeu est complètement sauvé par son gameplay absolument génial, en particulier dans le feeling général et dans le plaisir de conduite procuré. En résumé, si l’on met de côté la grande déception, c’est donc un bon jeu, que tout possesseur de Playstation 3 se doit d’acheter. Mais si vous n’avez pas de Playstation 3 et que vous avez une Xbox 360 avec Forza Motorsport 3, l’investissement total d’une console + le jeu n’est pas forcément justifié, d’autant plus que Forza Motorsport 4 arrive en 2011.

———————————————————————————————————————————————-

PGT aime :                                                                                                                                    PGT n’aime pas :

Le plaisir de conduite                                                                                                                                        L’IA
Les voitures premiums                                                                                                  Les voitures standards
Le cycle jour/nuit                                                                                                               Les sons des moteurs
La météo dynamique                                                                                              La progression rébarbative
.                                                                                                                                          Le multijoueur imparfait

Note technique : 14/20
Note gameplay : 18/20
Note générale : 15/20

———————————————————————————————————————————————-

6 Comments

  1. elrifiano

    19 décembre 2010 à 5:56

    dans la section « aime » je rajouterais même l’editeur de circuit qui permet intuitivement en 3 clic de réaliser des circuits intéressante néanmoins j’aurais apprécié un peu plus de flexibilité pour pouvoir modifier une partie du circuit beaucoup plus en détail et aussi avoir quelques paysages supplémentaires.

  2. Laurent_X

    19 décembre 2010 à 7:17

    Superbe test très juste, surtout dans la partie durée de vie. Qui est ridicule au possible , il aurai été préférable de mettre des restriction sur les puissances des voitures lors des épreuves, comme sur le deuxième GT. Et ou sont passés les courses constructeurs…
    Voilà il ne reste plus qu’a sortir la CB pour lles futures DL(s)

  3. bushmaster

    30 décembre 2010 à 9:27

    On ne peux plus juste. C’est une parfaite synthèse objective du ressenti qu’un habitué de la série GT aura en jouant ce GT5.

    Bravo et merci de cet excellent test.

  4. Elixx22

    25 octobre 2011 à 9:20

    quel test imbuvable. ok pour les graphismes mais pas pour la durée de vie , il y a le mode A Spec , B Spec , Arcade et Evenements speciaux qui rallonge considerablement la durée de vie

  5. EnFonde6

    26 octobre 2011 à 12:32

    Réveille toi, la durée de vie est nettement plus faible que celle d’un GT4 par exemple ou plus récemment d’un Forza 3 ou 4. Il faut être de sacrément mauvaise fois pour ne pas l’admettre.
    Après, il faut bien noter qu’entre le jeu à sa sortie et le jeu actuel, de nombreuses critiques n’ont plus lieux d’être (IA, multijoueur, vue intérieure pour les voitures standards etc…), mais on ne réécrit pas un test à chaque correction.
    J’aimerais bien écouter ce que tu as a redire, de manière objective sur ce test.

  6. cccc

    27 octobre 2011 à 10:53

    Elixx22

    Vraiment la connerie que on peut lire dans ton com c est dingue !

    Le jeu a moins de courses que dans GT4 il y a aucun doute la dessus et un peu moins que fm3 et bien moins que Fm4.

    Dans GT5 comme le dit dans le test notre ami, le mode a ete gonflé avec des courses d endurance completement irréaliste et inutile .

    Pourquoi irréaliste? parceque dans la realité aucun pilote ne roule 24 h !!!!!!!! ET oui t as comprit ? c est anti simulation ce mode de merde , il a ete juste copié des anciens GT sans meme que on y ajoute ce qu il faut, c est a dire passé le volant apres quelques heures a son coéquipier (son pilote du Bspec pourquoi pas) et surtout des DEGTS !!!! Quel interet de faire des courses longue sans craindre des problemes mécanique ? en faite il y en a pas !!! tout le sens de la course d endurance sont les probleme mécanique. Mais dans GT5 le concepte est purement arcade sans ca alors que c est fort dommage puisque le jeu a le cycle jour nuit . Avant de faire des cycles ils auraient du ajouté enfin des degats , c est une simulation putin il y a des priorités !